Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant de Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure

« La Résistance naît là où les droits sont bafoués »

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christian_retailleau.jpgÀ 62 ans, Christian Retailleau est à la tête du Comité du souvenir 44, qui honore entre autres la mémoire des 48 otages fusillés par les Allemands le 22 octobre 1941. Les exécutions ont eu lieu sur la colline du Mont-Valérien (Hauts-de-Seine), au champ de tir du Bêle (au nord-est de Nantes) et dans une carrière de Châteaubriant.

Ouest-France Benoit ROBERT. Publié le 11/03/2022

Ils étaient 48, résistants, opposants, juifs, communistes ou simplement détenteurs d’armes. Tous, ce 22 octobre 1941, ont été fusillés comme otages après l’exécution, deux jours plus tôt, d’un officier allemand à Nantes. Depuis, en Loire-Atlantique, le souvenir se perpétue à travers l’action d’un comité dont l’origine remonte à la Libération.
L’association qui répond au nom de Comité départemental du souvenir des fusillés de Châteaubriant et Nantes, réunit 300 adhérents. « Son but est de transmettre l’histoire de ce massacre de civils à travers les faits, résume Christian Retailleau, son président. Mais aussi d’entretenir la mémoire dans le monde associatif, du travail ou de l’éducation. »
Réunir le peuple
À travers l’idée même de résistance, difficile pour lui d’éluder la question du conflit en Ukraine. La guerre qui se déroule à moins de 3 000 kilomètres le ramène au passé. « Les acteurs sont différents. La Russie n’est plus soviétique, mais le pouvoir en place a des relents néofascistes. La Résistance, ce sont des hommes et des femmes qui surgissent là où les droits humains sont bafoués. »
Selon lui, le modèle et les valeurs adoptés par le Conseil national de la Résistance (CNR), après sa création en mai 1943, n’ont rien perdu de leur vigueur. « Il s’agissait de poser les bases d’une société plus humaine de manière à unifier la population une fois le pays libéré, revenir aux fondamentaux pour que les gens ne soient pas livrés à eux-mêmes. » En toile de fond, c’est l’extrême droite qui est visée, « héritière de la pire partie de notre histoire commune ».
Encore plus ouvrière
Dans tout le département, le comité tisse des liens avec les municipalités. À Saint-Nazaire, des noms de quatre résistants locaux ont été signalés à la mairie pour baptiser les rues de futurs aménagements urbains.
L’anniversaire de la libération de la poche, prévu en 2025, est dans le viseur. Tout comme la mémoire de Jean de Neyman, dernier fusillé de Loire-Inférieure (ancienne Loire-Atlantique), le 2 septembre 1944.
« Cette ville portuaire était totalement militarisée. Il était difficile de s’organiser comme à Nantes par exemple. Pour autant, la Résistance était issue des milieux populaires, encore plus ouvrière qu’aujourd’hui, basée sur le renseignement et l’entraide. »
Alors que la Loire-Inférieure de l’époque traîne une image de vieille terre catholique et conservatrice, elle demeure marquée par une empreinte anarcho-syndicaliste entre Nantes et Saint-Nazaire. Ce mélange de profils, de tendances, agit comme un révélateur et dessine toute la complexité liée à cette période.
Cette année, le comité planche sur l’organisation d’un colloque sur le « procès » des 42, le plus important en zone occupée. « En janvier 1943, à Nantes, le tribunal militaire allemand jugeait des résistants Francs-tireurs et partisans. » Trente-sept d’entre eux sont condamnés à mort. Parmi les accusés, figurent cinq républicains espagnols.

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