Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant de Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure

Article de Presse Océan par Dominique Bloyet

À Châteaubriant, la mémoire des otages reste vive

Le 22 octobre 1941, 27 militants communistes étaient fusillés par les nazis dans la carrière de la Sablière à Châteaubriant. Le site est aujourd’hui un lieu de mémoire incontournable.
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Ils ont les épaules appuyées contre le ciel… Taillés dans la pierre blanche, ces géants figés face à la mort incarnent le poème de René-Guy- Cadou, Les Fusillés de Châteaubriant. Érigé en 1950 sur les lieux mêmes de l’exécution, la carrière de la Sablière, à la sortie de Châteaubriant, sur la route de Soudan, le monument dû au sculpteur français d’origine hongroise Antoine Rohal rappelle le martyr des vingt-sept fusillés de Châteaubriant. Vingt-sept communistes, internés au camp de Choisel, tout proche, et fusillés le 22 octobre 1941 par les nazis qui voulaient venger la mort du commandant allemand de la place de Nantes, abattu en pleine rue deux jours plus tôt par un commando de résistants communistes venus spécialement de Paris.
Dès le lendemain de l’exécution, le site est devenu un lieu de mémoire, au nez et à la barbe des occupants et des autorités collaborationnistes de Vichy.
L’affaire des otages a eu un retentissement national et même mondial
Les gens sont venus fleurir les lieux, explique Laurence Bourgeais, médiatrice au musée de la Résistance de Châteaubriant. « Cette affaire des otages (ndlr : aux 27 de Châteaubriant s’ajoutent 16 résistants nantais fusillés à Nantes et cinq autres résistants de Nantes et d’Ille-et-Vilaine fusillés au Mont-Valérien) a eu un retentissement national et même mondial. Le général De Gaulle a décrété un deuil national le 30 octobre 1941 et le président américain Roosevelt en a un peu parlé ».
Dès la Libération, en août 1944, une première colonne, toute simple, avait été dressée. Elle est visible sur les cérémonies commémoratives d’octobre 1944.
Pour mieux comprendre l’histoire, des stèles racontent les événements en les resituant dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Et 27 stèles, une par otage, présentent les héros sacrifiés. Parmi eux, Guy Môquet, le plus connu car le plus le plus jeune, fils du député communiste Prosper Môquet, fusillé à 17 ans et devenu la figure emblématique d’une jeunesse engagée jusqu’à l’ultime don de soi.
185 alvéoles avec de la terre des lieux de Résistance et de déportation de France et d’Europe
Hors commémoration, plus de 2 000 personnes foulent chaque année les allées de la carrière. Comme un chemin de croix, s’arrêtant devant chaque stèle jusqu’au monument flanqué de neuf poteaux, plantés à l’endroit exact des poteaux originaux contre lesquels furent fusillés les otages.
Dans la base du monument, 185 alvéoles contiennent de la terre récoltée dans les hauts lieux de résistance et de déportation de France et d’Europe. Pour que le souvenir des victimes du nazisme ne s’efface jamais !
Pratique
La carrière de la Sablière, à Châteaubriant, est ouverte tous les jours en accès libre avec possibilité de visite guidée tous les vendredis matin ou sur réservation. Téléphone : 02 40 28 20 90.

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