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Cérémonie au Bêle le 9 février 2019

Cérémonie au Bêle
Une éclaircie a permis ce samedi 9 février 2019 un parfait déroulement de la cérémonie qui a rassemblé près d’une centaine de personnes, au mémorial du Bêle, en hommage aux fusillés de 1943.
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Il y a 76 ans, un tribunal militaire allemand condamnait à mort 37 résistants, Francs-Tireurs et Partisans au terme d’une parodie de procès à grand spectacle en janvier 1943 (le « procès » dit des 42), puis 13 autres, plus discrètement, en août (le « procès » dit des 16).
Dans une poignante et talentueuse évocation artistique, intitulée « Ni la gloire, ni les larmes », les comédiennes Claudine Merceron et Martine Ritz, de la Compagnie Théâtre d’Ici Ou d’Ailleurs ont mis en lumière le message d’espoir que contiennent les dernières lettres des condamnés, celle de Raymond Hervé et celle de Marcel Boissard: » Tu diras à notre fils(…) que si je meurs aujourd’hui, c’est pour que tous les enfants de France puissent vivre libres. » Hommage aussi à deux FTP guillotinés à Tübingen et aux déportés à l’issue de ces procès.
Cette année, en raison du 75ème anniversaire de leur exécution, le 21 février 1944, les combattants du groupe Manouchian ont été associés à cet hommage. Occasion de se souvenir que le 8 septembre 1943, plusieurs détachements des FTP-MOI ont mené des actions simultanées contre l’occupant, dans la région parisienne « pour venger les fusillés nantais ». La lecture d’un poème de Missak Manouchian, l’interprétation de celui d’Aragon, mis en musique par Léo Ferré sous le titre L’Affiche rouge, puis celle du poème de J. Prévert Etranges étrangers ont complété cette évocation prolongée avec émotion par trois jeunes élèves du collège Simone-Veil, accompagnés de leur professeur M. J-F Inizan et de la Principale du collège,
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Mme Rodier. Thaïs a interprété une chanson de sa composition, écrite à partir d’une lettre de son arrière grand-père, tandis que Gaëtan et William, déclamaient à deux voix, le poème d’Eluard consacré à ceux de L’Affiche rouge, Légion.
De nombreuses personnalités étaient présentes ou représentées: M. Johann Mougenot, sous-préfet représentant le préfet des Pays de la Loire et de Loire-Atlantique, Mme Christine Meyer représentant le Maire de Nantes, la députée V. Oppelt, M. Ménard, pour le Conseil départemental, Aymeric Seasseau et Robin Salecroix (PCF), Michel Le Theuré (CGT), Catherine Tuchais (FSU), Christian Retailleau, président du Comité du souvenir lesquels n’ont pas manqué de saluer la quinzaine de porte-drapeaux présents.

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Hommage aux Républicains espagnols Divate sur Loire le 11/02/2019

20190210_commemoration_republicains_espagnols_divatte_sur_loire_4543_okw_photo_patrice_morel.jpgLe dimanche 10 février 2019, Gérard Roulic, administrateur du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure (Comité du souvenir), a fait une allocution en hommage aux Républicains espagnols morts pour la France et enterrés au cimetière de Divatte-sur-Loire.
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Les 80 personnes présentes ont pu ensuite entendre un poème : « Des amis pour la vie » écrit et déclamé par les élèves de CE2 et CM1 de l’école Robert Doisneau sous la direction de leur enseignante, puis ont enchaînés en chanson avec « Le p’tit grenier » de Anne Sylvestre, non sans émotion dans le public et en présence de Christelle Braud, maire de la commune.
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L’accalmie de la tempête a juste laissé le temps de se rendre au carré où sont enterrés les cinq républicains espagnols fusillés par les nazis à la suite du procès des « 42 », le 13 février 1943. Les dépôts de gerbes ont été effectués par Christian Retailleau, Président du Comité du souvenir, Marie-Claude Robin pour la CGT, Pedro Maïa pour le PCF et Catherine Tuchais pour la FSU.
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C’est un temps aussi pour rendre hommage à cette dame, « Madame Giraudet [qui] veillait sur leur sépulture : qu’on nous permette de saluer sa mémoire » déclinera Gérard ; une gerbe est ainsi posée par Joël Busson du Comité du souvenir.
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Puis, avec la présence de la famille de Christian de Mondragon, un bouquet est déposé sur sa pierre tombale en mémoire « pour que nos jeunes n’aient pas besoin comme [lui] de grimper au sommet de la cathédrale pour arborer le drapeau de la liberté ni de risquer leur vie pour la défendre ».
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Le ciel devient gris, la pluie tombe à nouveau, il est temps de se mettre à l’abri et de se donner rendez-vous les uns et les autres pour que la mémoire reste vive.

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Réunion-débat sur le syndicalisme dans la Résistance

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Réunion-débat le jeudi 14 février 2019
Syndicalisme CGT dans la Résistance et conquêtes sociales
Maison des syndicats, 1 place de la Gare de l’Etat
12h00 : Plaques mémorielles en hommage aux résistants syndicalistes en Loire-Inférieure (hall d’entrée du bâtiment central)
14H30 : Réunion-débat sur le thème « syndicalisme CGT dans la Résistance et conquêtes sociales » (salle F du bâtiment central)
Les politiques d’austérité néo-libérales menées ces dernières années en France et dans l’Union Européenne, en soutien des profits du grand patronat et des riches, ont des conséquences désastreuses pour les salariés, la jeunesse et les retraités de notre pays : chômage de masse, montée des inégalités sociales, pression sur les salaires et gel des pensions, régression des droits sociaux et syndicaux, remise en cause des services publics et recul de l’industrie, explosion de la précarité et appauvrissement d’une partie importante de la population…
L’objectif des tenants du grand capital est la casse de notre modèle social issu des luttes sociales et de l’application du programme du Conseil National de la Résistance (CNR).
Ces politiques, dont le gouvernement Macron accélère avec brutalité la mise en œuvre, favorisent la propagation des idées nationalistes, racistes et xénophobes de l’extrême droite et sont dangereuses pour la démocratie, les libertés publiques, les droits syndicaux et la laïcité.
La nouvelle course aux armements et les nombreux foyers de guerres, l’avènement de nombreux pouvoirs autoritaires et racistes, la mise en concurrence des salariés à travers le monde sont autant de signes supplémentaires d’une nouvelle montée des périls.
Face à cette situation, comment, pour les militants que nous sommes, appréhender les enjeux sociaux, économiques et politiques d’aujourd’hui en regard des luttes sociales du passé et des combats de la résistance populaire qui ont permis les conquêtes sociales de la Libération ?
La connaissance de l’histoire sociale et ouvrière est une source importante de références pour les luttes actuelles. Tout comme il est nécessaire de continuer de saluer l’engagement des militants qui nous ont précédé, parfois jusqu’au sacrifice de leur vie.
Pour autant, les leçons de notre histoire ne doivent pas nous intimider ; au contraire elles nous prouvent qu’il est toujours possible d’obtenir dans l’unité la plus large des salariés de nouvelles conquêtes sociales.
C’est le sens de la réunion-débat à laquelle nous vous invitons à participer.

hommage Anne Claude Godeau / ne pas oublier Charonne

RASSEMBLEMENT À LA MÉMOIRE
D’ANNE-CLAUDE GODEAU
Le 8 février 1962, Anne-Claude
Godeau tombe sous les coups
d’une répression policière brutale.
Elle participe ce jour-là à une
manifestation contre l’OAS et la
guerre d’Algérie.
Engagée militante CGT et au Parti
Communiste, elle défend les
libertés et le paye de sa vie.
Cette commémoration a une
résonance particulière cette année
dans le climat actuel des violences
policières à l’égard des gilets
jaunes.
La CGT invite l’ensemble des citoyens à se rassembler vendredi 8
février 2019 à 16h30 au cimetière de la Godinière (cimetière du CENS)
situé au 44 Rue de la Patouillerie à Nantes.
Une prise de parole aura lieu.

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Cérémonies 2019 en hommage aux FTP des « procès des 42 et des 16 »

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Cérémonie au Carré des Républicains espagnols fusillés en 1943
Cimetière de La Chapelle-Basse-Mer
dimanche 10 février 2019 à 11 h

Il y a 76 ans, en janvier 1943, un tribunal militaire allemand a jugé 45 Francs-Tireurs et Partisans (dont 2 femmes) au Palais de justice de Nantes.
Le « procès » dit « des 42 » est le plus important procès en zone occupée. Il dure deux semaines du 15 au 28 janvier. Les drapeaux nazis flottent à l’intérieur de la salle d’audience. Celle-ci se déroule à huis clos, en allemand. Seule la presse collaborationniste est admise. Les accusés n’ont pas pu choisir leurs avocats et n’ont pas eu le temps de les rencontrer. Le commissaire Fourcade du SPAC de Nantes, le Service (vichyste) de police anti-communiste est le principal accusateur.
Après cette parodie de justice le verdict tombe: 37 sont condamnés à mort, 3 à la prison à vie, 3 sont « acquittés » (mais immédiatement arrêtés puis déportés). Avant l’expiration du délai de recours, 9 condamnés sont fusillés dès le lendemain, le 29 janvier, au champ de tir du Bêle à Nantes, 25 autres seront exécutés le 13 février, puis 3 autres le 7mai. Le « procès » des 42 a eu un retentissement important. Mais au lieu de faire peur à la population, c’est l’inverse qui s’est produit. Au point qu’un autre « procès » dit « des 16 « , à l’été 43, s’est déroulé dans la plus grande discrétion. Il s’est traduit par l’exécution de 13 FTP, le 20 août 1943.
Parmi les condamnés figurent 5 Républicains espagnols, « étrangers et nos frères pourtant » (selon le vers du poète Louis Aragon), qui ont fui le franquisme et ont participé à la Résistance en France. Ils sont inhumés à La Chapelle-Basse-Mer: Alfredo Gomez-Ollero, Benedicto Blanco-Dobarro, Miguel Sanchez-Tolosa, Ernesto Prieto-Hidalgo et Basilio Blasco-Martin. Ils reposent au cimetière de La Chapelle-Basse-Mer, dans le Carré des Républicains espagnols, honorés d’une sculpture du plasticien allemand Ekkehart Rautenstrauch.
Il sera également rendu hommage aux 23 résistants du groupe Manouchian, entrés dans la légende par « L’Affiche rouge », à l’occasion du 75ème anniversaire de leur exécution au Mont-Valérien en février 1944,
ainsi qu’à Christian de Mondragon, lequel, alors âgé de 16 ans, avait ,avec son ami Michel Dabat (l’un des 50 Otages), accroché le drapeau tricolore sur une tour de la cathédrale de Nantes dans la nuit du 10 au 11 novembre 1940.
Cette cérémonie, organisée par le Comité du souvenir des fusillés de Nantes, Châteaubriant et de la Résistance en Loire-Inférieure, en partenariat avec la municipalité de Divatte-sur-Loire, accueillera une classe de CE2-CM1 de l’école Robert Doisneau pour une évocation artistique (Chant et poème).

Pour en savoir plus
Guy HAUDEBOURG NANTES 43. Fusillés pour l’exemple. préface de Johanna Rolland. Geste éditions.
Carlos FERNANDEZ De la Guerre d’Espagne à la Résistance. Comité du Souvenir
Marc GRANGIENS Le procès des 42. Documentaire réalisé avec les étudiants (BTS audiovisuel) du Lycée Léonard de Vinci de Montaigu – 85
Le site du Comité du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant & Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure : www.resistance-44.fr

Communiqué du Comité du souvenir des fusillés de Chateaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-inférieure

Notre présence dans les différentes commémorations de l’armistice du 11 novembre 1918 est d’autant plus naturelle que, comme nous l’avons rappelé le 19 octobre dernier à Nantes devant le monument des 50 Otages et de la Résistance, « plusieurs otages fusillés le 22 octobre 1941 étaient des combattants de la Première Guerre mondiale, sortis meurtris de cette boucherie, dont ils espéraient que ce serait « la der des ders ». Certains y ont été distingués de la Croix de guerre, plusieurs étaient des grands blessés, comme Jules Vercruysse, « Gueule cassée » ou Léon Jost, amputé d’une jambe ». Nous avions ajouté que la présentation de Pétain comme vainqueur de Verdun était « un mythe ».
Le centenaire de l’armistice a surtout été pensé pour célébrer les soldats sur lesquels s’abattit un déluge de feu : 9 millions de morts, 8 millions d’invalides !
La tentative pathétique d’Emmanuel Macron de sauver le soldat Pétain avait sans doute pour but de faire diversion et de tenter d’orienter l’attention vers un autre sujet que ceux auxquels sont confrontés les Français. Mais il a brouillé le message des cérémonies du centenaire.
L’hommage au dénommé Phillipe Pétain est une faute. Comment le Président de la République, garant des institutions, peut-il rendre hommage à un homme qui a été condamné à mort (peine commuée en prison à perpétuité en raison de son grand âge), à l’indignité nationale et à la confiscation de ses biens non pour avoir « conduit des choix funestes » mais pour le crime d’intelligence avec l’ennemi et haute trahison?
Le Pétain collaborateur s’est bien servi du Pétain maréchal pour influencer les Français et asseoir son autorité lors de la Deuxième Guerre mondiale; il est donc normal, en retour, que le discrédit du Pétain de 1940 rejaillisse sur le Pétain de 1916.
La répression contre les résistants, contre ceux qui sont devenus les 50 Otages est largement due à Vichy, de même que les répressions qui ont suivi, sous toutes les formes (arrestations, tortures, internement, exécutions, déportations). Les fusillés à l’issue des « procès » des 42 et des 16 en 1943 ne sont-ils pas, eux aussi, des fusillés pour l’exemple ? La collaboration étroite entre les polices et les tribunaux de Vichy et les occupants nazis a été déterminante dans l’organisation de la répression.
Le Président de la République serait mieux inspiré en agissant pour qu’une loi de réhabilitation collective rende enfin justice à tous les fusillés pour l’exemple et aux oubliées de l’Histoire Manuella Alvarez et Victorine Faucher, fusillées le 6 mai 1918 à Nantes, au stand de tir du Bêle.
Nantes, le 10 novembre 2018

Résistants ou assassins ?

Résistants ou assassins ?
Le premier article rappelle les circonstances, dans les années 1930, de l’édification d’une section du tunnel Saint Felix par une main d’œuvre allemande dirigée par l’ingénieur Hotz. Il conclut sur « l’assassinat », le 20 octobre 1941 à Nantes, par de jeunes résistants communistes, du même Hotz devenu lieutenant-colonel, responsable des troupes allemandes d’occupation de la ville et sur « la mort » de 48 otages le 22 octobre à Châteaubriant, Nantes et Paris. Pour le dire vite, le troisième reprend la même construction mémorielle. « En représailles de l’assassinat du lieutenant-colonel Hotz, responsable des troupes d’occupation en Loire-inférieure , l’exécution de cinquante prisonniers est ordonnés par les nazis le 22 octobre 1941 ».
Les mots ont un poids : quels choix étonnants, pour nommer l’exécution de Hotz, que l’emploi du substantif « assassinat » que n’utilise plus aucun historien ! Quelle curieuse inversion des mots pour désigner qui assassine et qui résiste, qui fusille et qui exécute ou abat ! La plaque présentant la figuration des otages au mémorial du Bèle (OF du 22/10) elle ne s’y trompe pas. On y lit « Le 20 octobre 1941, le lieutenant-colonel Hotz … était exécuté par la Résistance ». Quant aux fusillés, ce ne sont pas des « prisonniers » mais des otages. Post mortem, les deux résistants, auteurs de cette exécution, Gilbert Brustlein, qui rejoindra l’armée de « La France libre », et Spartaco Guisco, fusillé à l’issue du procès de La Maison de la Chimie à Paris,  apprécieront d’apprendre qu’ils étaient des « assassins », que l’armée d’occupation n’était pas coupable des assassinats d’otages et de résistants qu’elle fusillait pour terroriser.
Doit-on comprendre qu’il s’agit « d’assassins, de terroristes et de bandits » comme le répandent alors l’Occupant et le régime de Vichy,  et non d’un acte de guerre de la Résistance armée, mené à un moment charnière de la Guerre ? Renée Losq, grande figure de la Résistance nantaise, dans un entretien filmé présenté au Musée d’Histoire de Nantes, déclare : « On était des terroristes à ce moment-là ! Enfin, c’est eux (l’Occupant) qui nous appelaient comme cela. Je ne sais pas si j’ai une tête de terroriste ?». L’écrivain allemand Thomas Mann, dans une intervention à la BBC anglaise, qualifie les auteurs de l’exécution de Hotz « de jeunes et ardents patriotes » qui font, à Nantes, entrer la Résistance intérieure dans la guerre. Le général de Gaulle, sur les mêmes ondes, les qualifie de « courageux garçons » et ajoute, utilisant le terme « abattus » : « Il est absolument normal et absolument justifié que les Allemands soient tués par les Français. Si les Allemands ne voulaient pas recevoir la mort de nos mains, ils n’avaient qu’à rester chez eux et ne pas nous faire la guerre. Tôt ou tard, d’ailleurs, ils sont tous destinés à être abattus, soit par nous, soit par nos alliés…»
Doit-on aussi comprendre que « le système des otages », qui conduit aux fusillades, n’était pas déjà en place avant l’assassinat de 48 otages le 22 octobre 1941? Il l’a été entre les étés 40 et 41. L’ordonnance allemande sur les otages du 22 Août 41 officialise, pour répondre aux actes de résistance, les exécutions, lesquelles se multiplient depuis le printemps.  « Le code des otages » est publié le 28 septembre 41 par Otto von Stulpnagel, chef des forces d’occupation allemandes en France.
L’officier allemand Hotz arrive à Nantes le 23 juin 1940. Le cheminot résistant nantais Marin Poirier, arrêté le 20 janvier 41, gardé en prison comme otage, est fusillé à Nantes le 30 Août « pour avoir favorisé la fuite des prisonniers de guerre français en zone non occupée ». Le Nantais Léon Jost et son réseau, qui ont organisé la fuite de ces prisonniers, sont arrêtés le 15 janvier 41. Le préfet de Loire Inférieure Dupart fait savoir à De Brinon, ambassadeur de Vichy auprès des Allemands, que toute mesure de clémence les concernant bute sur Hotz. On sait, que condamné à des années de forteresse en Allemagne le 15 juillet 41, Léon Jost reste interné à la prison Lafayette de Nantes. Dans ses lettres à sa femme, il explique qu’il n’a pas été transféré parce qu’il est gardé à Nantes comme otage en représailles aux actes futurs de résistance et qu’il s’attend à être fusillé. Il le sera parmi les 48 otages du 22 octobre 1941.
De même, au camp de Choisel à Châteaubriant, le tri des otages potentiels est fait par Chassagne, envoyé par Pucheu, ministre de l’intérieur de Pétain.  Il est présent dans le camp les 12  et 13 octobre 41, c’est-à-dire avant l’exécution de Hotz. 27 d’entre eux seront fusillés le 22 octobre.
Il convient, me semble t-il, d’utiliser, pour ne pas réviser l’Histoire, le terme d’exécution et non d’assassinat concernant Hotz et celui de fusillades ou d’assassinats pour les otages. Faute de quoi le travail des historiens sur la mémoire nantaise de la Guerre s’en trouve ignoré pour nous ramener trente ans en arrière.
Marc Grangiens. Historien, Documentariste.