Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant de Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure

Auguste Chauvin
La résistance armée communiste

Les Francs-tireurs et partisans (FTP)

En 1942, les membres de l’OS qui participent directement aux actions de sabotage ou aux attentats contre des soldats allemands et des collaborateurs sont regroupés dans quatre groupes : un nantais, deux rezéens et un nazairien.

Leurs responsables inter-régionaux sont Louis Le Paih et Jean Vignau-Balous tandis que Marcel Brégeon est responsable départemental.

Rezé Pont-Rousseau Maurice Lagathu

Robert Douineau
André Guinoiseau
Maurice Jouard
André Rouault
Yves Brisson, chargé de créer un groupe rural, agit alors avec Lagathu

Rezé

Félicien Thomazeau

Georges Barbeau
Albert Brégeon
Marcel Duguy

Nantes

Auguste Chauvin
Auguste Chauvin
André Pérocheau

Auguste Chauvin
Valentin Cléro
Marcel Danigo
Raymond Hervé
Gaston Turpin

Saint-Nazaire

Georges Girard
Guy Lelan
Albert Rocheteau
Ce groupe agit de façon autonome

Parti communiste espagnol

Benedicto BLANCO DOBARRO
Basilio BLASCO MARTIN
Ernesto PRIETO HIDALGO
Miguel SANCHEZ TOLOSA

Les contacts avec le PCF sont effectués par Alfredo GOMEZ OLLERO

Ces militants sont tous issus du PCF et de la JC.

Si, au début de leur action, presque tous conservent leur activité légale, progressivement, à mesure que la traque policière se fait plus forte, certains passent dans l’illégalité. C’est le cas, par exemple, de Raymond Hervé ou de Marcel Brégeon.

Voir photos

Bureau d'embauche
Faits d’armes

LES PRINCIPAUX FAITS D’ARMES DES FTP

La première action authentifiée de l’OS nantaise – après l’exécution du colonel Hotz le 21 octobre 1941 – est la tentative de sabotage d’un pylône électrique, route de Clisson le 29 novembre 1941.

Dans la région nazairienne, les premiers sabotages se situent en avril 1942.

De novembre 1941 à août 1942, date des principales arrestations, la quasi totalité des actions armées menées dans les régions nantaises et nazairiennes et relevées par les autorités françaises sont à porter au compte des groupes de l’OS.

Ces actions sont essentiellement des sabotages.

Attentat contre le bureau de la main d’œuvre pour l’Allemagne, juillet 1942

Bureau d'embauche
Bureau d’embauche

À côté, on relève des attentats contre les « collaborateurs ».

Il faut attendre juin 1942 pour qu’une attaque ait clairement comme but la mort de soldats allemands : l’attentat contre l’Hôtel de la Duchesse Anne.

La traque des terroristes

LA TRAQUE DES « TERRORISTES »

Dès les premiers sabotages, les polices et autorités françaises et allemandes en recherchent activement les auteurs, alliant les mesures vexatoires (amendes, gardes de voies, otages), les exécutions et les promesses de récompenses.

Après les arrestations du début 1941, les sabotages ont nettement diminué.

Un nouveau cap est franchi avec l’exécution du Feldkommandant Hotz (20 octobre 1941). Désormais, les attentats visent aussi les personnes.

La multiplication des actions au début 1942 amène les autorités françaises à intensifier les efforts dans la lutte « anti-terroriste ».

Grâce aux renseignements recueillis (types d’engins explosifs utilisés, procédures, objectifs visés), la police fait des recoupements et surveille de plus en plus étroitement les « milieux communistes ». Dès le printemps, les soupçons se portent sur Raymond Hervé dont le domicile est fouillé par la police française.

Les informations obtenues lors des interrogatoires des premiers inculpés permettent à la police française d’opérer un vaste coup de filet à partir de la fin juillet 1942 auxquels échappent plusieurs FTP de premier plan (Louis Le Paih, Jean Vignau-Balous, Marcel Brégeon, Raymond Hervé, par exemple).

Les méthodes utilisées vont des simples menaces à de violentes séances de torture menées par le SPAC au Commissariat central de Nantes, rue Garde-Dieu, contre ceux qui sont fortement soupçonnés d’appartenir au groupe des francs-tireurs. Le commissaire Fourcade se met entièrement au service du SPAC et répond si bien à ses attentes qu’il est nommé à la direction de l’une des deux sections de ce service en novembre 1942.

Les photos des militants évadés, publiées par Le Phare, sont assez édifiantes quant aux méthodes policières. Les juges allemands justifieront d’ailleurs la torture.

Nantes 1943

NANTES 1943 : 37 RÉSISTANTS EXÉCUTÉS PAR LES NAZIS

Le 15 Janvier 1943, le « Procès des 42 » s’ouvre au Palais de Justice de Nantes. En fait, le Conseil de Guerre de l’armée allemande juge 43 hommes et 2 femmes. Du 15 au 28 janvier 1943, les 45 inculpés sont amenés, enchaînés pour certains d’entre eux, devant la cour martiale allemande présidée par le Dr Hanschmann, le procureur étant le Dr Gottloeb. Seuls peuvent assister aux séances les avocats (Guineaudeau, Lerat, Lauriot, Mouquin et Pascal, aidés du traducteur Duméril), quelques officiels et des journalistes asservis à l’occupant. Une grande partie des entretiens se fait en allemand et le réquisitoire n’est pas traduit aux accusés qui n’ont pu s’entretenir avec les avocats avant le procès.

Membres de l’Organisation spéciale (OS), créée par le parti communiste, ils vont devoir répondre, pendant deux semaines, de 49 chefs d’accusation – allant d’attentats contre l’occupant à l’exécution de « collaborateurs » ou au vol de tickets d’alimentation. Ils savent que leur vie est en jeu.

Le contexte, en effe, n’est guère favorable à la mansuétude des autorités allemandes.

Depuis un an, les actes de sabotage se sont multipliés dans la Basse-Loire, la plupart à porter au crédit de l’OS et le souvenir de l’exécution du Feldkommandant Holz, le 20 octobre 1941, par de jeunes communistes venus de Paris est encore très présent dans les mémoires. De plus, en dépit des nouvelles rassurantes véhiculées par la presse collaborationniste – tel Le Phare -, les combats qui font rage à Stalingrad remettent en cause la suprématie des armées du Reich en Europe.

Enfin, les exactions allemandes de toutes sortes, les réquisitions de plus en plus nombreuses de jeunes pour l’Allemagne, commencent à faire basculer les esprits dans un sens favorable à toutes les formes de résistance.

Aussi, Allemands et collaborateurs de tout poil cherchent-ils à criminaliser les résistants, en particulier les communistes.

D’évidence, les autorités allemandes veulent l’exécution de tous les accusés. Quelque soit le motif initial d’inculpation, 37 accusés sont considérés comme des « francs-tireurs » et condamnés à mort. Trois inculpés de vol sont condamnés à diverses peines de prison. Trois autres sont acquittés, faute de preuves, bien que le tribunal ne les juge pas innocents. Deux d’entre-eux sont d’ailleurs déportés (Roger Guédon et Ernest Le Goff).

La presse collaborationniste exulte.

Les faits, mal éclaircis pour les deux femmes (Renée Losq et Marie Michel) sont renvoyés à un complément d’enquête. Elles sont aussi déportées.

Le 28 janvier 1943, le ministère public allemand est satisfait. Le tribunal à suivi son réquisitoire.

Les demandes de grâce signées du Préfet, du Maire de nantes, de l’Évêque et du Pasteur n’entament pas la détermination des allemands. En dépit du délai de grâce qui va jusqu’au 2 février, dès le 29 janvier, 9 condamnés sont fusillés au terrain militaire du Bêle à Nantes.

25 autres suivent le 13 février 1943.

Les trois derniers sont exécutés le 7 mai 1943.

Alex Auvinet

Le Mans, le 27 mai 1943

Mon cher Oncle, tante et cousine

Voici la sentence prononcée. 13 inculpés, 13 condamnés à mort. Il fallait guère attendre moins. Je crois que nous allons être fusillés demain ou samedi. J’ai fait un paquet avec ma gabardine, mon costume, ma paire de brodequins, mon porte-feuille vide, mais j’ai déposé 2910 francs aux Allemands qui les feront probablement parvenir. Il y a aussi ma montre. Je te fais adresser tout ça à toi, tu prendras ce qui t’ira. Le reste devrait aller aux mains d’Odette qui est à peu près de ma taille. Tu emploieras ma canadienne qui est aussi chez toi et tu récupéreras tout ce qui est chez Lili. Tu en feras ce que tu voudras. Je ne sais pas où l’on va être enterrés mais probablement au Mans ou aux environs. Enfin, l’on te préviendra et, si par la suite, je peux être ramené à Montaigu, cela me fera bien plaisir. Enterrement sans prêtre, évidemment. Tu pourras me reconnaître à ma chevalière en acier et Inox que j’ai au petit doigt de la main gauche et à mes dents en acier également. Il ne faudra pas toutefois que cela te cause des frais et tu te serviras pour ça de l’argent que tu vas probablement recevoir. J’ai également déposé 3.000 francs chez René BAUDRY qui tient un café sur la route des « Sorinières » après Ragon. Tu iras les chercher avec « LILI SORIN »qui est connu là-bas. Tu diras que tu es mon oncle et que tu viens chercher ces 3.000 francs et tu leur expliqueras ce que je suis devenu ; voilà pour mes affaires.

Maintenant pour la vengeance qui, j’espère, arrivera un jour. Voici des noms qu’il ne faudra pas oublier, un nommé L, employé de la SNCF, né au Mans, James ROGIER, Bar-le-Duc, le fameux type qui s’était soi-disant évadé de la prison de Nantes en février. Un ancien camarade qui n’était autre qu’un policier et qui m’a donné à la Police. J’ai été arrêté par la brigade mobile d’Angers par les policiers : SAVIN, BAUDRY, MELGRANI et POUPAERT, GUICHANDU, RIVIÈRE et d’autres dont je ne me souviens pas du nom. Tous des salauds. Tout ceci, tu n’auras qu’à le reporter au parti après la guerre pour le règlement des comptes. Je mets dans la lettre deux autres lettres, une pour maman, une autre pour M et Mme MARTIN de Montaigu. Tu leur feras parvenir. Inutile de prévenir Grand’mère pour l’instant, elle l’apprendra toujours assez vite. Tu préviendras tous mes copains de Coëx, Fernand, La Fruise et Lili et tous ceux que je pourrais oublier. Si quelquefois après la guerre, il y a des oeuvres ou des secours pour les parents de « Francs-tireurs » tombés pendant la guerre, tu voudras bien t’en occuper pour maman. Tout cela paraîtra sur l’Humanité et tu me rappelleras au parti comme le « Franc-tireur AUVINET » qui a lutté depuis le 15 octobre 1942 au 5 mars 1943, date à laquelle je me suis fait prendre au Mans.

Je vous embrasse tous bien fort et faites de la petite « Mimi » qui commence à être une grande fille, une femme intelligente et instruite qui luttera dans la vie comme vous lutterez vous aussi, je l’espère, contre l’esclavage des capitalistes, contre l’exploitation de l’homme par l’homme. Je vous embrasse tous et compte sur toi, « Gaby », pour faire ce que je te demande.

ALEX

Vive le parti communiste ! Vive l’URSS ! Vive la France

Conserve cette lettre comme pièce à conviction.

Automne 42

« AMI SI TU TOMBES »

Les arrestations de l’été 1942 ont totalement décapité l’organisation communiste tant du point de vue militaire que politique.

Dès l’automne 1942, la réorganisation est opérée par la direction nationale du PCF qui désigne René Poirot (Marcel) comme responsable interrégional politique tandis que James Rogier (Jack) devient secrétaire départemental.

Louis Le Paih est aidé par un nouveau commissaire politique interrégional, Camille Lacazette (Victor) qui arrive à Nantes le 5 décembre 1942.

Tous deux chargent Jean Fraix (Roger) de réorganiser rapidement les FTP, ce qu’il effectue, aidé de Fernand Mougenot et de Roger Astic (Coprinus), résistant nantais de la première heure, responsable aux renseignements.

Alex Auvinet (Auguste)

Marcel Boquet (Alphonse)

Joseph Colas (Georges)

Jean Dréan (René)

Guy Lelan (Clément)

Louis Bâle (Dibidon) et Guy Jamet (Guy) font partie de la logistique.

Dès novembre, le groupe est opérationnel et sa première action est un coup d’éclat et un signal d’alarme pour les Allemands. En effet, le 14 novembre 1942, le groupe FTP attaque les Allemands devant le cinéma Apollo, faisant un mort et plusieurs blessés graves.

En deux mois, le bilan est impressionnant.

LE DÉMANTÈLEMENT DU RÉSEAU

Mais ce nouveau groupe est, lui aussi, très vite identifié et démantelé.

Le 12 janvier 1943, Louis Le Paih est appréhendé et les Allemands essaient de le faire parler afin de compléter l’instruction du « Procès des 42 ». Évadé lors d’un transfert en gare de Nantes le 3 mai 1943, il est repris le 5 et fusillé.

Le 17 janvier, Jack tombe à son tour et, après un long interrogatoire, donne de très nombreux renseignements. Jean Fraix est arrêté le 18 et, confronté à Jack, ne peut guère contester les faits. Ce dernier donne les autres membres du groupe qui sont arrêtés, à l’exception d’Alex Auvinet qui s’enfuit au Mans.

Le 13 août 1943, lors du « Procès des 16 », la seconde génération des FTP est jugée par les Allemands en dehors de toute assistance d’avocat français. Onze sont fusillés le 25 août au Bêle et deux le 20 novembre.

Les trois derniers sont déportés. Grâce aux retournements de James Rogier et de Léon Renard, son successeur, les polices françaises et allemandes démantèlent à nouveau les organisations communistes.

Leur succès semble total dans tout le département puisque les « réseaux Buckmaster » du nord du département – réseaux gaullistes en liaison avec Londres – sont eux aussi anéantis.

Mais, dès l’automne, Libertaire Rutigliano réorganise la résistance communiste. Il peut ainsi contribuer à la création du Comité départemental de Libération qui unifie la Résistance ligérienne sous la présidence de Jean-Baptise Daviais, du mouvement Libération-nord.

Expo panneau 1
Exposition mobile sur les 37 résistants exécutés dans le procès des 42

Une exposition, accompagnée d’un documentaire vidéo de 20 minutes retrace la lutte des résistants du « Procès des 42 » membres ou soutiens de l’Organisation Spéciale.

Le prêt de cette exposition, composée de 13 panneaux de 1m sur 1m est gratuit pour les établissements scolaires et les collectivités qui ont aidé le collectif à réaliser ses initiatives.

Demander le prêt de cette exposition

Expo panneau 1
Expo panneau 1

Expo panneau 2
Expo panneau 2

Expo panneau 3
Expo panneau 3

Expo panneau 4
Expo panneau 4

Expo panneau 5
Expo panneau 5

Expo panneau 6
Expo panneau 6

Expo panneau 7
Expo panneau 7

Expo panneau 8
Expo panneau 8

Expo panneau 9
Expo panneau 9

Expo panneau 10
Expo panneau 10

Expo panneau 11
Expo panneau 11

Expo panneau 12
Expo panneau 12

Témoignage de Joël Busson

Déclaration de Joël Busson.

2006

Suite à l’article paru mercredi dernier dans Presse Océan à propos des dernières facéties de L. Oury. Je tiens à apporter les précisions suivantes: Puisque parait-il la vérité historique intéresse Louis Oury, je suis fils d’un Déporté Résistant. Mon père n’a pas été fusillé en 1943 puisque je suis né en 1947.

Membre de la Jeunesse Communiste mon père a été arrêté par le SPAC pour activités contre le régime de Vichy et l’occupant et après avoir été emprisonné en France, il sera déporté à Buchenwald et à Dora-Elrich. Il avait le titre de Déporté Résistant .

Autre précision, le panneau à Châteaubriant sur la route de Soudan indique l’entrée de la Sablière, lieu d’exécution des otages le 22 octobre 1941. Le camp de Choisel se situait à la sortie de la ville sur la route de Fercé.

À propos des élucubrations de Louis Oury, Je me demande ce qu’il recherche sinon à faire parler de lui en attaquant régulièrement le travail du Comité du souvenir. En quoi notre travail de mémoire le dérange-t-il ? De quel droit s’érige-t-il en procureur ? Où bien de qui est-il ou se fait-il l’instrument ?

Louis Oury se permet de juger qui était résistant, qui ne l’était pas, selon qu’ il était ou non ,communiste. C’est Louis Oury qui « réécrit l’Histoire à sa façon ». Le seul but du Comité du Souvenir est de transmettre la mémoire des Résistants, des victimes du nazisme, de lutter contre les falsificateurs et autres négationnistes.

Louis Oury a participé un temps au travail de mémoire, personne ne le nie, il fut même à une époque membre de notre Comité du souvenir. Sans le Comité du souvenir, la pièce écrite par Louis Oury n’aurait pas été produite. Que nous reproche-t-il ? D’avoir élargi notre travail depuis pour faire revivre et reconnaître la mémoire d’autres Résistants ?

À propos de l’absence de ses ouvrages au sein du musée, seuls sont à la disposition des visiteurs les publications de l’Amicale de Châteaubriant-Voves- Rouillé. Il n’y a pas de librairie au musée et de plus L. Oury n’a jamais sollicité quiconque pour l’exposition de ses ouvrages en un lieu qui n’a pas cette vocation, ni l’autorisation d’y tenir commerce. Les ouvrages comme ceux d’ A. GERNOUX pour ne prendre qu’un exemple n’y figurent pas non plus.

Autre précision, L. Oury prétend avoir été interdit de cérémonies officielles à Châteaubriant. A ce que je sache, les autorités de la République n’ont nullement interdit à L. Oury d’être présent. Je peux par contre témoigner comme de nombreux participants aux cérémonies, de sa présence dans le défilé où il n’a cessé d’importuner sur le parcours diverses personnalités. Présent dans la sablière, il s’est adressé à plusieurs responsables de l’Amicale Châteaubriant-Voves- Rouillé.

Autre remarque, avec L Oury, certains portent des appréciations sur le contenu d’un musée qu’ils n’ont même pas visité selon leurs propres déclarations. Ce musée consacré à l’internement en France, sera enrichi et il ne prétend pas être sans lacunes ni défauts. Il convient de ne pas tout brasser et d’apporter des critiques seulement à partir de sa thématique.

Dernières remarques : Si ce haut lieu de la Résistance existe, c’est le courage manifesté par les fusillés jusqu’à leur ultime souffle qui lui en a donné ce statut et aussi le courage des Castelbriantais qui dans les heures suivant les fusillades sont venus fleurir et planter les trois couleurs de la Patrie sur les traces du sang des martyrs.

Si la Sablière est devenue ce lieu avec le monument, fréquenté par environ 10 000 personnes cette année, 65 ans après les fusillades d’octobre 1941, et aujourd’hui avec le musée, c’est que dès la Libération les compagnons de captivité des fusillés, leurs familles, ont créé une association pour que la mémoire des 27 vive.

Ce sont les survivants du camp de Choisel, qui à leur retour de déportation ou à peine sortis des combats de La Résistance, ont acquis parcelle après parcelle la Sablière.

Oui, l’État aurait pu acquérir ce lieu, il ne l’a pas fait. Mais, aujourd’hui c’est L Oury qui prétend réécrire l’Histoire et spolier ceux qui comme Odette Nilès, Présidente de l’Amicale Voves Rouillé et ancienne internée à Choisel, entretiennent la mémoire. De cette mémoire dédiée à toute la Résistance, La Sablière est le seul lieu d’exécution en France restant en permanence ouvert à tous !

Que pèsent les facéties et élucubrations de L. Oury au regard de notre travail de mémoire ? Au nom de qui et à quel titre Louis Oury s’érige-t-il en procureur, dénonce, ordonne… Est-il victime seulement de son ego ? Ses manifestations me paraissent bien pathétiques. Mais qui donc a intérêt à entretenir de telles polémiques ?

En tout état de cause, jamais nous ne laisserons insulter le dévouement des « militants de la mémoire  » que sont les historiens, les conservateurs, les témoins, les familles des victimes du nazisme, tous les bénévoles qui se consacrent honnêtement à la manifestation de la mémoire, de la réalité historique avec ses ombres et ses lumières.