Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant de Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure

Sortie Scolaire CM2 Indre à Saffré et Châteaubriant

Le comité d’Indre a accompagné au maquis de Saffré et à la carrière de Châteaubriant 3 classes de CM2 d’Indre et leurs enseignants. A Saffré Etienne Gasche a accueilli les groupes et répondu aux nombreuses questions des élèves. A Châteaubriant les enfants ont interprété devant le monument le chant des partisans et l’âge d’or sous la houlette de Pascal Gilet, moment inoubliable et rempli d’émotion. Ensuite ils ont visité le musée et le site de la Carrière .

Pire que le Titanic : la tragédie du Lancastria

Rappelons le contexte: le 1er septembre 1939, la radio française annonce la mobilisation générale. Le 3 à 10 h la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne, la France en fait autant le même jour à 17 h.

Le gouvernement britannique ordonne en mars 1940 de réquisitionner le Lancastria, pour transformer ce paquebot et l’affecter au transport de troupes. Le 13 avril, la Grande-Bretagne annonce que le Lancastria est mis à la disposition de l’Etat. Le RMS devient HMT(1). Le Lancastria ? Bâtiment de la Cunard White Star Line, de 1926 à 1932, il assurait la liaison hebdomadaire Londres – New York. Plus tard, il est transformé en paquebot de luxe pour croisières en Méditerranée et dans les fjords norvégiens. Au début de la guerre, vu sa grande capacité de chargement, il est engagé pour le transport de troupes dans l’Atlantique-nord. Il transporte des troupes depuis Hardstad, revient en Angleterre avec ses salles remplies de soldats épuisés et déprimés évacués à la suite de l’avancée des troupes allemandes en Norvège. Le Lancastria participe en effet à l’opération franco-britannique de Narvik (nom de code Alphabet), destinée à évacuer les soldats britanniques, français, canadiens et polonais. Lors d’une escale, il s’arme de matériel de guerre pour sa défense contre les avions et sous-marins allemands.le_lanscaria.jpg
Le 28 mai, il quitte Glasgow, où il avait débarqué ses « voyageurs », et repart pour la Norvège où il arrive le 4 juin. Sur zone se trouvent déjà une vingtaine de transatlantiques manœuvrant dans les eaux de Namsos. Les allers-retours sont assurés par des destroyers qui ont la tâche de ramener tous les soldats polonais, canadiens, britanniques et français. 2 653 soldats embarquent sur le Lancastria malgré une météo peu propice.

De l’opération Dynamo…

Le 23 mai, la 1ère armée française, l’armée belge et la BEF (Corps expéditionnaire britannique) s’étaient trouvés pris en étau par les troupes allemandes et s’étaient repliés vers Dunkerque. L’évacuation a lieu entre le 26 mai et le 4 juin : 340 000 soldats anglais et français sont sauvés par des destroyers, chalutiers, bateaux de plaisance et ferry-boats en provenance des côtes anglaises. C’est l’opération Dynamo, qui demeure en Grande-Bretagne une opération mémorable. Les 110 000 soldats français sauvés sont ensuite embarqués à destination de ports bretons où ils rejoindront les forces qui s’opposent à l’avancée allemande.
Mais il reste des civils et 150 000 soldats du Corps Expéditionnaire britannique, non encore évacués. Ordre leur est donné de rejoindre les ports de l’Ouest. A partir du 15 juin 1940, près de 40 000 soldats, fuyant l’avancée des Allemands ont reflué vers Saint-Nazaire pour tenter de rejoindre la Grande-Bretagne.

…à l’opération Aerial

Subissant déjà des raids aériens, St Nazaire est au cœur de cette opération baptisée Aerial (ou Ariel). Dans cette guerre éclair, les Allemands progressent rapidement sur le sol français, sans rencontrer d’opposition ou presque et ont, eux aussi, ordre de gagner rapidement les ports de la côte atlantique.

Le 14 juin 1940 au soir, le Lancastria appareille depuis Liverpool avec à son bord 3 000 tonnes de combustible, pour une destination tenue secrète de l’équipage. Le 16 juin, à 7 heures le navire arrive dans la rade de Plymouth et mouille l’ancre. Des fonctionnaires montent à bord pour examiner les capacités de logement des troupes. Puis il quitte Plymouth pour Brest, accompagné du Franconia. En passant au large de Brest, ils aperçoivent d’énormes colonnes de fumée provenant des réservoirs en feu. Le destroyer HMS Highlander(1) contacte le Lancastria et lui donne la consigne de faire route plus au sud en passant au large de la baie de Quiberon. A 20 h, le Franconia et le Lancastria sont seulement à quelques milles de leur destination, quand tout à coup un avion allemand surgit dans le ciel et largue quatre bombes entre les deux navires. Le Franconia est touché. Le Lancastria poursuit sa route et aperçoit un chalutier qui fait route vers lui. Le patron du chalutier informe le capitaine Sharp que le secteur n’est pas sûr et lui conseille de faire route vers Saint-Nazaire.
Au matin du 17 juin 1940, le Lancastria arrive en rade de Saint-Nazaire et reçoit M. Guillemet, pilote de Loire qui déconseille au capitaine Sharp de mouiller à proximité des côtes. Le capitaine Sharp décide alors de mouiller à 4 km au large. De là, on peut apercevoir un grand nombre de navires – environ 80 – mouillés aux alentours du phare des Charpentiers: navires de transport de troupes et autres, notamment des bâtiments au tirant d’eau plus important qui s’alignent dans le chenal d’accès des Grands Charpentiers.

Dans la nuit du 15 au 16 juin, les Allemands mouillent des mines magnétiques à l’entrée de l’estuaire de la Loire. La drague La Courbe en subit les conséquences, elle saute sur l’une d’elles à proximité de la bouée 4, faisant quatre morts. Le 16 juin, une section britannique vient renforcer la flottille de démineurs qui se trouvent déjà sur place. L’embarquement sur le Lancastria commence ce matin là à 11 heures. Les soldats et les civils attendent sur le boulevard de mer les bateaux de petit tonnage pour les mener au large. L’état-major évalue à 40 000 le nombre des hommes à rapatrier. Aux troupes anglaises s’ajoutent des polonais, des tchécoslovaques qui arrivent à Saint-Nazaire par camions entiers.

Saint-Nazaire, un petit Dunkerque

Les Anglais sont arrivés au début d’octobre, avec leurs tanks et leurs canons. La région nazairienne accueille déjà des réfugiés en grand nombre, au point qu’à La Baule on en compte sept par habitant. St Nazaire devient pour les alliés un port de rembarquement. Bien qu’il y ait eu de nombreuses alertes, les Nazairiens n’ont pas encore bien pris la mesure de ce qui les attend. Par exemple, le 12 juin à 22 heures quand hurlent les sirènes, ils sont à la fenêtre. Pourtant l’affaire est sérieuse, un avion allemand bombarde Penhoët, « Energie électrique » et touche la voie ferrée. Les dégâts matériels sont notables. Le 15 juin, quand refluent les Anglais accompagnés de Belges, de Polonais et de Tchécoslovaques dans l’espoir d’embarquer, les Nazairiens sont persuadés qu’ils viennent les défendre contre l’avance ennemie. Pourtant il leur faut déchanter car Saint-Nazaire est en train de devenir un petit Dunkerque. Des files interminables de camions, d’automitrailleuses etc. s’échelonnent le long des routes de tous côtés. En effet, suite au désastre de Dunkerque, les Anglais réquisitionnent toutes sortes de navires pour évacuer les hommes menacés par l’avancée fulgurante de la Wehrmacht. Les vaisseaux, mouillés en rade, ne font qu’attendre les vedettes et les remorqueurs chargés des « tommies » qu’il faut rapatrier. Pétain, nommé Président du Conseil des ministres, appelle le 17 juin à « cesser de combattre » et adresse aux Allemands une demande d’armistice. Les événements s’accélèrent et rendent l’évacuation urgente. D’autant que les alertes se multiplient.

L’opération Aerial, que protègent, contre les bombardiers allemands, la DCA et les chasseurs canadiens, dure jusqu’au 18. Le Royal Ulsterman est le dernier navire à quitter la rade vers minuit avec 3 500 hommes à bord. Les Polonais sont remontés à La Turballe où des sardiniers les ont conduits aux navires de transport de troupes. Ce 17 juin 1940, les Allemands sont à Rennes. En gare, la Luftwaffe mitraille un train de munitions qui se trouve à proximité de deux trains de réfugiés et de soldats. Bilan: 800 morts, autant de blessés et de disparus. Les dizaines de milliers d’Anglais et de Polonais arrivés à St-Nazaire dans l’espoir de pouvoir embarquer pour l’Angleterre, avaient installés des camps de fortune dans la région, ils détruisent le matériel qu’ils ne peuvent emporter, les voitures parquées à Gron brûlent, ils font exploser les réservoirs d’essence ainsi que les stocks de munitions pour ne pas les abandonner aux Allemands. Mais ils ne peuvent pas tout emporter. La population nazairienne en profite d’ailleurs pour se servir généreusement en conserves, victuailles, chaussures…dans le camp installé à Plaisance: « On ne va quand même pas laisser ça aux Boches ».
En rade, mouille toute une flotte de vieux paquebots qui ont repris du service. Ils sont chargés de rapatrier les « Tommies »(2), ainsi que quelques civils prioritaires, dont des femmes et des enfants. Parmi ces paquebots, le Lancastria. Un incessant ballet de remorqueurs et de chalutiers se déroule entre le port et les navires.
A bord du Lancastria s’embarquent, dans un ordre impeccable, de 6 000 à 9 000 passagers, pour la plupart de l’Army Pay Corps et de la Church Army. Les commandants ont pour instruction de prendre à leur bord le maximum de passagers, sans tenir compte des normes de sécurité requises en temps de paix. Une photographie montre les passagers entassés, serrés sur le pont comme des sardines dans leur boîte.troupe_a_bord.jpg
En début d’après-midi, les Stukas de la Luftwaffe attaquent le navire et larguent un chapelet de bombes. Quatre d’entre elles atteignent leur objectif: l’une dans la cale n°2, où sont entassés 800 soldats de la Royal Air Force, une autre dans un réservoir de mazout qui prend feu, la troisième tombe droit dans l’unique cheminée du paquebot, faisant exploser les chaudières, une quatrième bombe explose le long du bord: le bâtiment se met alors à gîter fortement par tribord.
A bord, c’est la panique. Les survivants essaient de remonter des ponts inférieurs, aveuglés par la fumée, gênés par l’eau qui s’engouffre de partout.le_lancastria_sombre_vu_du_destroyer_highlander.jpg
Certains se jettent à l’eau, tentent de se raccrocher à ce qui flotte: canots, radeaux, planches… Le Lancastria pique du nez et coule en 24 minutes, par 25 mètres de fond, au large de la Pointe Saint-Gildas. Les équipages des navires alentour: chalutiers, remorqueurs, torpilleurs, bateaux de plaisance tentent de porter secours aux naufragés. Des dizaines d’embarcations affluent. On compte un grand nombre d’actes d’héroïsme pour arracher des victimes à la mort. Malgré cela, des milliers de personnes périssent noyées, brûlées par le mazout en flammes, mitraillées par l’aviation allemande qui s’acharne. Dans les jours et les semaines qui suivent la catastrophe, la mer rejette sur les côtes de Piriac à Noirmoutier, des milliers de cadavres. Au total, le drame a fait entre 3 000 et 4 000 morts, trois fois plus de victimes que le Titanic: on ne l’a jamais su exactement.

Secret défense
En effet, Winston Churchill a décidé, pour ne pas démoraliser les Anglais de classer le drame Secret défense pour 100 ans. Un silence va occulter longtemps la plus grande catastrophe maritime de l’histoire britannique. Au large de Saint-Nazaire, seule une bouée marque aujourd’hui, le lieu de la tragédie.seule_une_bouee_marque_aujourd_hui_le_lieu_de_la_tragedie.jpg
Bibliographie
AREMORS, Saint-Nazaire et le mouvement ouvrier, t. 3, éditions Aremors, 1986
OUEST-FRANCE 21.06.2015
BEAUJUGE Yves www.lelancastria.com
Crédits photos: DR
Notes
1- RMS préfixe de Royal Mail Ship (paquebot transportant aussi du courrier)
HMS préfixe de His/Her Majesty’s Ship (navire de guerre)
HMT préfixe de His/Her Majesty’s Troopship (transport de troupes)
2 – surnom donné aux soldats britanniques

Ces quelques jours sont marqués par deux autres événements majeurs, outre la catastrophe du Lancastria: l’évasion du cuirassé Jean Bart le 19 juin, et la veille, par la tentative de départ du pétrolier de 20 000 tonnes La Palmyre en finition aux chantiers de Penhoët. Son hélice n’a pas pu être mise en place, il réussit néanmoins à sortir de la cale, mais en passant dans l’estuaire, une mine magnétique provoque une voie d’eau et l’immobilise. Le capitaine Léon Caron ordonne de larguer l’hélice. Le pétrolier est resté pendant toute la guerre dans le port de Paimboeuf.
Le navire Teiresias construit en 1914 à Newcastle est également réquisitionné par le gouvernement anglais, il arrive en rade de Saint-Nazaire le 17 juin 1940 pour aider à l’évacuation des restes de la Force expéditionnaire Britannique. En arrivant il est bombardé par un avion allemand. La première bombe a inondé la salle des machines et créé une fissure à travers le pont principal rejoignant la ligne de flottaison. Le capitaine JR Davies ordonne à l’équipage d’embarquer dans les canots de sauvetage. Une nouvelle attaque allemande quelques heures plus tard le coule. La majorité de l’équipage qui a abandonné le navire est transférée sur le HMS Oracle(1), l’équipage resté à bord étant pris en charge par l’Homside
Le 1er Mai sous l’Occupation (1939-1944)

Sous la menace d’un second conflit mondial le 1er Mai 1939 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Signés en septembre 1938, les accords de Munich censés préserver la paix divisent la CGT. Dans les entreprises, les conquêtes du Front populaire, contestées par le patronat, sont remises en cause par les décrets-lois gouvernementaux. La grève générale de protestation décidée lors du congrès de la CGT réuni à Nantes en novembre 1938 est sévèrement réprimée, de nombreux militants sont arrêtés, des milliers de travailleurs licenciés. Dans ce contexte inquiétant, la CGT affaiblie et divisée déclare que le 1er Mai 1939 n’entraînera pas obligatoirement de cessation de travail. Les grévistes sont rares en Loire Inférieure mais des rassemblements à Nantes, Saint-Nazaire, Châteaubriant témoignent d’une volonté de maintenir le caractère traditionnel du 1er Mai.

            Les divisions au sein de la CGT s’étalent au grand jour lors du congrès de l’Union départementale réuni à Saint-Nazaire les 13 et 14 avril 1940 lorsque Léon Jouhaux, secrétaire confédéral, critique avec véhémence les dirigeants locaux (Jacquet et Gaudin) qui n’ont pas dénoncé le pacte germano-soviétique signé le 20 août 1939. Alors que la France est en guerre depuis huit mois, le 1er Mai 1940 est calme et laborieux. La CGT n’a pas appelé à manifester. La CFTC a cru de son devoir de célébrer la fête chrétienne du 1er Mai … le jour de l’Ascension. Les dirigeants des deux organisations (Jouhaux et Tessier) exaltent à la radio nationale « la collaboration du patronat et du salariat à la pacification intérieure par l’intensification de la production et de la justice sociale ». En août, CGT et CFTC sont dissoutes. La « Révolution nationale » est en marche.

            En 1941, le gouvernement de Vichy entend s’approprier le 1er Mai. Considéré comme un symbole de division et de haine, il devient désormais légal de célébrer « la Fête du travail et de la concorde sociale », journée prétexte à écouter la parole du maréchal. L’initiative n’est pas unanimement partagée et soulève les craintes de la Feldkommantur de Nantes qui  interdit toutes manifestations alors que la presse locale relaie de rassurantes informations préfectorales sur la mise sous surveillance d’éléments perturbateurs susceptibles de se livrer à une propagande communiste. Ces mesures préventives n’évitent pas que des résistances se manifestent : diffusion de L’Humanité clandestine, collage de papillons tricolores sur les vitrines de la rue Crébillon, inscriptions « Vive Thorez » quai de Versailles, drapeau rouge avec faucille et marteau hissé au mat de pavillon près du monument aux morts.

            En 1942, l’hostilité à la Charte du travail promulguée le 4 octobre 1941 commence à s’exprimer. L’occupant, dont une partie de l’armée est empêtrée sur le front russe, donne des signes de fébrilité. La « Fête du travail et de la concorde sociale » qui se voulait grandiose, est morose. Décalée au 2 mai pour assurer deux jours de repos consécutifs et une économie de charbon et d’électricité, elle traduit les difficultés du moment. Consacrée au travail, elle offre l’opportunité d’une large distribution de médailles aux plus méritants. De son côté, dans l’ombre, la résistance s’organise et s’exprime sous différentes formes : le discours du maréchal n’est pas, comme prévu, diffusé par haut-parleur dans toutes les entreprises faute d’un réel empressement à les doter du matériel nécessaire ; l’occupant, qui redoute les manifestations le plus souvent à l’initiative des groupes communistes, ne peut empêcher la diffusion de tracts dénonçant le pillage des matières premières, revendiquant tickets d’alimentation et augmentations de salaires ; entre Nantes et Pontchâteau, deux pylônes sont dynamités, un troisième dynamitage aurait privé la Bretagne d’électricité ; répondant à un appel de la radio anglaise, 1500 Nantais bravent l’interdiction expresse de manifester en se rassemblant près de la mairie sans être autrement inquiétés par la police municipale nantaise.

            En 1943, le cours de la guerre est en train de changer mais toute manifestation demeure interdite « tout incident, dans les circonstances actuelles étant de nature à provoquer une dangereuse tension dans les rapports entre l’occupant et l’occupé » rappelle le préfet régional. Après trois ans d’activités clandestines, les militants CGT confédérés et unitaires, aboutissent à la réunification syndicale le 17 avril 1943, cinq semaines avant la création du Conseil national de la Résistance. Malgré un appel de Londres à cimenter cette unité ouvrière dans la lutte, aucune manifestation n’est organisée le 1er Mai dans le département. Le maréchal peut donc tenter de faire oublier aux Français son impuissance à régler leurs problèmes en leur distribuant force médailles à son effigie et en offrant un goûter aux enfants de prisonniers.

            En mai 1944, alors que l’on évoque la possibilité d’un débarquement des troupes alliées et que l’urgence est à l’intensification des actes de résistance à l’occupant, la CGT reconstituée appelle à faire du 1er Mai une journée de combat pour la libération. Un appel resté vain à Nantes où aucune manifestation à caractère politique n’est tolérée hormis cette fête organisée au théâtre Graslin, en présence d’artistes parisiens, au cours de laquelle le préfet est chargé de s’assurer que le seul orateur autorisé soit acquis aux principes de la Révolution nationale. Dans une ville sous les décombres des derniers bombardements, le cœur n’y est pas. Le matin du 1er Mai, beaucoup de Nantais ont quitté la ville à bicyclette. Les nécessités du ravitaillement l’avaient emporté sur les attraits du music-hall parisien.

            Après quatre ans d’occupation, la tentative de récupération politique du 1er Mai par le gouvernement de Vichy a échoué. C’est dans une France libérée du totalitarisme nazi et de la « Révolution nationale » que les Nantais célébreront le 1er Mai 1945.

                                                                                                          Michel TACET.

bulletin avril 2022
Bulletin d’Avril 2022

HALTE AU FEU !
Au moment où ces lignes sont écrites, cela fait cinq semaines que les troupes russes
sont entrées, sur ordre de Vladimir Poutine, en territoire ukrainien semant la mort et la
désolation au sein des populations civiles. Les réfugiés et déplacés se comptent par millions, rappelant que le devoir d’entraide s’applique à tous les êtres humains, sans distinction aucune, pour quelques motifs que ce soient, rappelant que la solidarité est sans frontières.

Cléro Valentin, Fernand, Marie, Victor

Né le 14 mai 1907 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), fusillé le 29 janvier 1943 au terrain du Bêle à Nantes ; charpentier en fer ; militant communiste ; résistant ; Procès des 42.

Fils de Valentin, Aimé, Marie Cléro et de Victorine Jeanne Enters, Valentin Cléro se maria avec Marei-Louise Renée Houssais, puis, après divoce, se renaria avec Yvonne, Anna Lemaux, ménagère.
Membre du Parti communiste avant guerre, dès septembre 1941, il fut membre de l’Organisation spéciale (OS) – embryon des futurs Francs-tireurs et partisans (FTP) – de Nantes, artificier du groupe et responsable du matériel. En 1942, avec les FTP de la région nantaise dirigés par Louis Le Paih, il participa à un grand nombre de coups de main mais, comme un grand nombre de ses camarades, il fut arrêté le 6 août par la Section de police anticommuniste (SPAC). Torturé à la prison Lafayette de Nantes, il fut jugé en janvier 1943 par le tribunal allemand de la ville qui lui reprocha dix attentats à la bombe et deux attaques contre des policiers ou indicateurs. À l’issue du procès, le procès des 42, il tenta d’innocenter deux de ses camarades puis déclara : « Je mourrai pour mon pays et mon parti. Vive la France ! » Condamné à mort, il a été fusillé le 29 janvier 1943 au terrain du Bêle de Nantes.
Il fut reconnu « Mort pour la France » le 12 février 1945.

Pour citer cet article :

https://maitron.fr/spip.php?article20179, notice CLÉRO Valentin, Fernand, Marie, Victor par Guy Haudebourg, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 29 décembre 2021.

SOURCES : Arch. Dép. Loire-Atlantique, 305 J 3. — Le Phare, janvier 1943. – Jean Bourgeon (sous la dir.), Journal d’un honnête homme pendant l’Occupation, Thonon-les-Bains, L’Albaraon, 1990. – Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940-1945, fusillés et exécutés, 2001. – Acte de décès. — Notes Jean-Pierre Besse, d’Annie Pennetier et de Claude Pennetier. .

CHAUVIN Eugène

Né le 16 juillet 1911 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), fusillé le 29 janvier 1943 au terrain du Bêle à Nantes ; chaudronnier ; militant communiste ; résistant FTPF., Procès des 42.

Fils d’Amélie Louise Chauvin, Eugène Chauvin, travailla à la Compagnie urbaine de Nantes puis en 1934 entra comme monteur tôlier à la LBC (Batignolles) d’où il fut renvoyé le 16 février 1942 pour raisons disciplinaires. Membre du Parti communiste français depuis 1938, fit partie du groupe de FTP (Francs-tireurs et partisans) de Nantes dirigé par Raymond Hervé et Louis Le Paih ; il fut arrêté fin 1942 pour reconstitution du PCF et emprisonné à Lafayette (Nantes). Il fut présenté par Le Phare comme un spécialiste de la bombe. Jugé par le tribunal allemand de Nantes dans le cadre du « Procès des 42 », Eugène Chauvin fut condamné à mort le 28 janvier 1943 et fusillé au terrain du Bêle le 29 janvier 1943 avec huit autres résistants : Raymond Hervé, Eugène Le Bris, André Pérocheau, André Rouault, Valentin Cléro, Maurice Lagathu, André Guinoiseau et Robert Douineau. Enterré à Sautron, commune limitrophe de Nantes, il fut inhumé le 28 juillet 1945 au cimetière de la Chauvinière à Nantes, après des obsèques solennelles organisées pour trente-huit Nantais fusillés par les Allemands pour acte de résistance.
Il a été reconnu Mort pour la France le 14 février 1945.
Une cellule nantaise (Chantenay) du PCF porte son nom.
Il s’était marié en mars 1935 à Nantes avec Fernande Rallier de Rezé, couturière, le couple était domicilié rue Saint-Jacques. Elle fut membre du comité départemental de Libération en 1945 au titre de l’Assistance française et des femmes de fusillés et participa à la commission de recherche et d’étude des cas de collaboration. Au moment de la mort de son époux, elle était enceinte de son 5e enfant. Eugène Chauvin fut déclaré « Mort pour la France » en février 1945.

Pour citer cet article :

https://maitron.fr/spip.php?article19711, notice CHAUVIN Eugène, Georges, Émile par Guy Haudebourg, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 11 mars 2020.