Renée Losq
Renée Losq

Renée Baudic est née le 4 juillet 191 0 à Nantes. Elle épouse Jean Losq en septembre 1930 et adhère au P.C.F. en 1935 en même temps que son mari. Dès l’invasion nazie, en juin 1940 à Nantes, elle résiste en participant aux collages d’affiches et à la distribution de tracts clandestins contre l’occupant, qu’elle recopie parfois à la main. C’est un ami d’enfance, Louis le Paih, responsable de l’Organisation Spéciale du P.C.F. qui lui confie la mission de planquer des résistants clandestins ce qu’elle fait en hébergeant chez elle des membres des F.T.P.

Le 9 septembre 1942 elle participe à la libération d’un responsable de la résistance nantaise, Raymond Hervé, lors de son interrogatoire au Palais de Justice de Nantes.

Elle entre en clandestinité et se réfugie. avec deux de ses enfants à Trégunc dans le Finistère.

Jean Losq est arrêté le 27 septembre et son épouse le lendemain. Ils comparaîtront tous deux avec 43 accusés devant le tribunal militaire allemand de Nantes en janvier 1943 (« Procès des 42 »). Jean Losq est condamné à mort et fusillé le 13 février 1943 au champ de tir du Bêle à Nantes. Renée Losq bénéficie d’un non lieu mais est emprisonnée à Aix La Chapelle, Prünn et Breslun (Allemagne). Elle est condamnée à 2 ans de travaux forcés et transférée dans les camps de la mort de Ravensbrück et Mauthausen.

Renée Losq
Renée Losq

A son retour de déportation le 4 mai 1945 elle devient une militante active pour la paix dans le monde ne ménageant pas ses forces au sein de la F.N.D.I.R.P.*, de l’A.R.A.C.*, tout en élevant ses 7 enfants. Officier de la Légion d’Honneur, médaillée militaire avec palmes, Renée Losq est décédée le 30 novembre 2003 à Sainte Luce Sur Loire.

Résistance communiste

L’expression « résistance communiste » pour désigner l’activité des communistes avant le 22 juin 1941, date de l’attaque de l’URSS par l’Allemagne nazie, est toujours sujet de polémique. Nous ne reprendrons pas ici les arguments développés par les meilleurs historiens sur le sujet – que ce soit en faveur de l’expression ou en sa défaveur – mais il nous semble intéressant de reproduire ce qu’écrivait en 1942 un juge d’instruction allemand à propos de la période qui nous intéresse ici. Il nous semble, en effet, que les nazis n’étaient pas les plus mal placés pour savoir ce qu’était la résistance.

L’activité du parti communiste illégal français était déjà très intense à Rennes et aux environs depuis le début de l’année 41. Déjà, avant le début de la guerre avec la Russie, il existait à Rennes une organisation de groupe de résistance terroriste, qui tout d’abord se bornait à chercher des adhérents, à faire et à distribuer des tracts.

Acte d’accusation au procès des 30 francs-tireurs rennais (15-22 décembre 1942). Juge d’instruction, conseiller près du Conseil de guerre allemand

L’expression « résistance terroriste » pour désigner l’activité politique est évidemment exagérée, les nazis utilisant généralement le terme de « terrorisme » pour désigner les sabotages ou attentats contre les personnes. Elle a néanmoins le mérite de montrer que, pour l’occupant, comme pour les autorités vichyssoises d’ailleurs, les actions politiques et les actions militaires ne diffèrent pas dans leur nature.

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Papillons trouvés à Nantes

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Hier
La clique fasciste
mettait les communistes
en prison, en les dénonçant
comme traîtres et agents
de l’Allemagne…

Aujourd’hui

Ces mêmes fascistes
sont ouvertement
les instruments dociles
de l’Allemagne hitlérienne

et. les Communistes
sont toujours traqués
et mis en prison

VIVE LE COMMUNISME
LIBERATEUR SOCIAL ET NATIONAL !|

Papillon
Papillon
OS : l’organisation spéciale

De l’Organisation spéciale aux Francs-tireurs et partisans

L’Organisation spéciale (OS) est, au moment de sa création par le PCF (été 1940), destinée à protéger les militant(e)s prenant la parole sur les marchés, aux portes des usines ou menant des manifestations. On peut considérer que l’organisation des évasions du camp de Choisel en Châteaubriant relève de cette première OS encore informelle en Loire-Inférieure. Les militants sont d’ailleurs ceux qui ont participé avec Marcel Paul à la collecte d’armes en juillet-août 1940 ou qui participeront à la lutte armée par la suite.

La seconde génération de l’OS, organisée à l’automne par Jean Vignau-Balous, vise expressément la lutte armée. Ses membres servent de soutien logistique aux jeunes communistes – Marcel Bourdarias, Spartaco Guisco et Gilbert Brustlein – venus de Paris exécuter le Feldkommandant Hotz le 20 octobre 1941. Jusqu’à l’été 1942, tous les rapports de police ne parlent que d’OS – que la police traduit d’abord par «organisation secrète» – et les militants qui participent aux actions armées et qui sont arrêtés à cette période se considèrent comme membres de l’OS.

Ce n’est qu’à la fin de l’été 1942 qu’un tract rédigé par Jean Vignau-Balous parle de Francs-tireurs et partisans. Ceux-ci sont le regroupement de l’ancienne OS, des Brigades de la Jeunesse (qui n’existent pas en tant que telles en Loire-Inférieure, les JC étant dans l’OS) et des groupes de la Main d’Oeuvre Immigrée (MOI), représentés en Loire-Inférieure par le Parti Communiste espagnol. De fait, OS et FTP se confondent.

Francs-Tireurs et Partisans

La définition allemande des francs-tireurs

… « accusés du crime d’être des francs-tireurs. Ils ont, sans qu’ils aient été membre d’une armée reconnaissable par des signes distinctifs extérieurs reconnus par le droit international, porté des armes et autres moyens de combat et ont détenu ceux-ci avec l’intention de s’en servir contre l’armée allemande, de tirer sur ses membres et de commettre des actes qui, d’après les lois de la guerre, ne peuvent être accomplis que par les membres d’une puissance armée en uniforme.
Ces accusés étaient membres d’une organisation communiste qui avait pour but de résister à l’armée allemande avec tous les moyens à sa disposition. »

Docteur Gottloeb, Procès des 42, Nantes, janvier 1943.

Torture au commissariat central de Nantes

Lettre passée clandestinement à sa femme par Henri Lefièvre (8 octobre 1942)

Quoique ça a été très dur. J’ai été deux heures et demi sous les coups ; je t’assure que je n’étais pas beau à voir pendant huit jours. Trois jours sans pouvoir manger que du raisin ; enfin ça se tasse. Encore mal aux côtes.

Lettre passée clandestinement à sa femme par Claude Millot (12 février 1943)

Au début, nous avons eu à endurer les coups et la torture. Ce fut odieux. Pour moi, un mois de cette existence, menottes aux mains.

Mise en garde
Exemple de collaboration des autorités françaises

Un exemple de collaboration franco-allemande dans la recherche des francs-tireurs :

Les méthodes allemandes sont clairement justifiées par la criminalisation des résistants.

Mise en garde
Mise en garde

Gaêtan Rondeau Maire de Nantes.

Phillipes Dupard est Préfet de Loire Inférieure.